Ce ne sont pas juste les vieux de la vieille qui sont déçus de l’OIQ…la relève aussi!

Publié le: 6 mars 2017

Classé sous: Nouvelles

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Par Joel Tessier, ing.

 

L’association reçoit et publie volontiers la lettre intitulée  »Voici pourquoi je renonce à mon titre d’ingénieur » que l’ingénieur Joel Tessier nous a envoyée le 6 mars 2017. La voici:

J’ai choisi la profession d’ingénieur bien avant le domaine de l’informatique. Déjà adolescent, j’éprouvais une grande admiration pour ce groupe d’innovateurs qui repoussent les limites de la science. J’avais un rêve d’appartenir à cette grande famille.

J’y ai cru à ce rêve. J’ai même postulé sur un poste d’administrateur sur le CA de l’OIQ. Le Québec s’est bâti un système professionnel unique en son genre, basé sur le principe d’autorégulation. Les membres ingénieur se doivent d’empêcher les quelques ingénieurs malhonnêtes de commettre des actes illégaux ou non-éthiques. Par contre, ce système professionnel semble avoir des failles… Il y a eu les scandales dans l’industrie de la construction où l’Ordre mentionne ne pas avoir les outils requis pour faire son travail d’inspection. Plus récemment, le Collège des médecins nous apprend que la RAMQ refuse de lui fournir les informations nécessaires afin qu’il puisse prévenir les facturations abusives et non-justifiées de certains médecins. C’est à se demander si notre système professionnel remplit bien son rôle de protection du public…

Quant à lui, l’Ordre des Ingénieurs du Québec a failli à son devoir. Il n’a pas su évoluer avec la société. L’ingénierie de demain sera dans l’automatisation et la technologie. Nous ne sommes pas loin du jour où ce seront des robots programmés qui construiront nos routes et nos ponts. Ce ne sera pas l’Ordre qui s’assurera de la fiabilité de ces installations. Les professionnels des nouveaux domaines technologiques ne sont pas membres de l’OIQ.

Et puis, il a eu les manigances politiques. À commencer par l’entêtement de l’Ordre de rapatrier les avantages fournis par le Réseau des ingénieurs, malgré le consensus établi. Cette chicane n’a apporté qu’une diminution du pouvoir de négociation et une perte de services pour les membres. À travers tout cela, il y a eu des années bien sombres où les radiations de membres et les inspections professionnelles étaient utilisées pour nuire à des compétiteurs ou adversaires politiques. Il y a aussi eu des présidentes et présidents utilisant l’Ordre comme tremplin pour se porter candidats aux élections provinciales.

Malgré tout, l’espoir est revenu, déclenché par une hausse subite et forcée des cotisations annuelles. N’ayant pas fait son devoir pendant des années, un rattrapage était nécessaire à l’Ordre, et qui dit rattrapage, dit hausse de cotisations. Face à cette hausse, une résistance historique s’est mise en place et à mener à l’assemblée générale extraordinaire de mai 2014. Contrairement à ce que les médias ont propagé, la grogne n’était pas sur la hausse des cotisations, c’était un cri du cœur d’ingénieurs voulant remettre l’Ordre dans son rôle. C’était le principe même d’autorégulation qui faisait surface, où les membres voulaient des réponses à certaines actions passées de l’Ordre. Ils voulaient un engagement que cette hausse servirait bien à la protection du public. Malheureusement, après un début d’actions prometteuses, le momentum fut perdu et les résolutions bienveillantes de cette assemblée générale aussi.

Indigné par le statut quo, et dans un dernier effort d’opposition, je ne renouvellerai pas mon adhésion à l’Ordre des Ingénieurs du Québec. Mon rêve prendra fin en avril 2017, où vous pourrez voir mon nom dans la liste des membres radiés.

Joel Tessier

Ingénieur 2010-2017 »

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2 Responses to Ce ne sont pas juste les vieux de la vieille qui sont déçus de l’OIQ…la relève aussi!

  1. Giuseppe Giuseppe dit :

    En ce jour d’ouverture de campagne électorale pour les postes d’administrateur au Conseil d’administration de l’OIQ ce cri du cœur d’un jeune ingénieur déçu devrait réveiller ceux qui envisagent de se porter candidats.

    Il est bien évident que l’OIQ étant sous tutelle, les élus ne pourront rien faire dans l’immédiat pour corriger la situation et notamment pour mettre en application les sept (7) résolutions de l’assemblée générale extraordinaire du 6 mai 2014. Aujourd’hui, dans la pratique, ce sont vraiment les tuteurs et la permanence qui mènent. De plus, toutes les règles ont été récemment récrites pour bâillonner les élus et leur faire entériner des décisions prises par d’autres en dehors du conseil.

    Cependant, et même si pour ce jeune ingénieur en génie logiciel ce sera malheureusement trop tard, il est à souhaiter que cette situation ne durera pas éternellement. Encore faudra-t-il qu’une fois la tutelle levée il y ait suffisamment d’élus responsables qui se lèveront et remettront les pendules à l’heure autant avec les politiciens qu’avec cadres de l’organisation, faute de quoi le point de bascule risque d’être atteint pour des milliers d’autres ingenieurs qui n’ont pas besoin de leur titre pour gagner leur vie.

  2. eveeveyves dit :

    Monsieur Tessier
    Je me permets de vous recommander de démissionner et non de vous laisser radier. Les bonzes de l’oiq et/ou du gouvernement se vanteront de protéger le public en vous radiant.
    Le cas échéant ou vous démissionnerez vous recevrez un message électronique, anonyme et automatique d’un soi-disant secrétaire qui demandera de retourner des items qui légalement appartiennent à l’ordre et que vous n’aurez probablement jamais utilisé comme c’est le cas de la majorité des diplômés en ingénierie.
    Bonne suite dans votre carrière.
    Yves Millette, démissionnaire en 2014, membres en règle durant 42 ans.

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