Élections OIQ: Coup d’état en cours

Publié le: 7 mai 2016

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Le 5 mai 2016, soit le jour avant que les ingénieurs commencent à voter pour élire le prochain président de l’OIQ un article signé par la journaliste Kathleen Levesque intitulé ”Allégations de harcèlement contre le président des ingénieurs” a paru dans La Presse. Après avoir lu l’article, et une fois dépassée la surprise initiale, on ne peut que se poser les questions suivantes :

  • Qui au juste aurait commandé le rapport à la firme Relais Experts-Conseil ?
  • Existait-t-il une résolution du conseil d’administration à l’effet d’autoriser et payer pour une telle étude ?
  • Qui au juste aurait interdit au président d’avoir accès aux locaux de l’Ordre sur la base de simples allégations ?

Ces questions sont très pertinentes, car à l’OIQ la seule autorité au-dessus du président est le conseil d’administration. Or, en l’absence d’une résolution du conseil à l’effet d’autoriser l’étude, le recours le plus approprié des employés relativement aux agissements allégués aurait été la Commissions des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) et certainement pas le département des ressources humaines de l’organisation, qui est bien en-dessous du conseil au niveau hiérarchique.

Harcèlement psychologique

Dans le site du Réseau juridique du Québec, dans le chapitre intitulé ”Le harcèlement psychologique en milieu de travail” on mentionne: ”Parmi les plaintes de harcèlement psychologique ayant fait l’objet d’une décision de la Commission des relations du travail ou encore, d’un arbitre de griefs (en milieu syndiqué), plusieurs ont été rejetées au motif que la situation dénoncée concernait l’exercice légitime des droits de direction, des conflits de personnalités, des conflits de travail ou encore découlait d’un trait de caractère du plaignant, tel que la tendance à la victimisation.”

Le syndicat des employés n’étant apparemment pas impliqué dans le dossier, il est fort probable que le plaignants sont donc exclusivement des cadres de l’organisation, d’autant plus que le président de l’Ordre n’a pas vraiment de raison d’interfacer avec des employés syndiqués, sauf éventuellement pour dire bonjour à la réceptionniste.

Résistance au changement des cadres

La résistance des cadres à tout changement, et notamment à tout changement qui affecte leur routine et leur conditions douillettes fait partie de la  »culture organisationnelle » de l’OIQ. En sachant que le salaire du directeur général est de l’ordre de 250,000 $, il est très raisonnable de penser que la rémunération des directeurs doit tourner autour de 150,000 $ – 160,000 $, soit environ le double de ce qu’ils gagneraient dans la plupart des PMEs et 50% de plus que la moyenne des ingénieurs.

Par ailleurs, plusieurs de ces cadres ont vécu pendant plusieurs années sous le règne de l’ancien directeur général, André Rainville, qui les avait bien isolés du conseil d’administration et alimentait l’impression que la gestion de l’Ordre ”appartiendrait” entièrement au directeur général et non pas aux élus.

Enfin, il ne faut pas oublier que la pression pour augmenter les revenus par des redevances sur les services obligatoires et non-obligatoires, ainsi que par des augmentations considérables de la cotisation, vient pour une bonne partie d’eux, car ils y voient la chance d’augmenter le nombre d’employés dans leur départements respectifs, ainsi que la possibilité d’augmentations salariales et de bonis accrus. Dans ces conditions, il y a clairement une apparence de conflit d’intérêts chez les cadres de l’OIQ dans toute cette histoire.

Le processus électoral est désormais irrémédiablement vicié

Il n’y a pas de doute qu’étant donné la gravité des allégations une enquête impartiale s’impose. Cependant, cela nous amène à la question suivante:

  • Comment cela se fait que tout ça sort juste en même temps que les ingénieurs commencent à voter?

En effet, la médiatisation de ce dossier en même temps que le début de la période de votation crée un problème insurmontable, car il est pratiquement impossible de croire qu’il n’y a pas une stratégie en arrière de la part de ceux qui ont causé et alimenté la fuite. En particulier, si par après une enquête indépendante devait révéler que les allégations n’étaient pas fondées, ou étaient grossièrement exagérées, le mal serait déjà fait, dans le sens que le résultat des élections aurait été manipulé.

Autre apparence de conflit d’intérêts

Le processus électoral est dans les mains d’une cadre de l’Ordre, sa secrétaire par intérim, Louise Jolicoeur. Dans le contexte actuel elle est manifestement en apparence de conflit d’intérêts, puisque son impartialité est désormais entachée par les agissements de ses collègues qui ne veulent manifestement pas que le président actuel soit élu.

Le problème cependant va bien plus loin que le président actuel, car il n’est pas le seul candidat qui promet de recentrer l’Ordre sur sa mission, limitant ainsi les besoins financiers.

Par ailleurs, il y a d’autres candidats qui promettent aux membres mers et monts sans bien évidemment leur parler de la facture qui y serait inévitablement attachée. Ces derniers ne remettent non plus en cause la structure actuelle de l’organisation.

Dans ces conditions, comment éloigner le soupçon que la secrétaire par intérim serait tentée de favoriser, directement ou indirectement, le ou les candidats qui donneraient aux cadres actuels ce qu’il demandent, soit plus de pouvoir, plus d’argent et plus de ressources, et ce, indépendamment et souvent en opposition avec la mission de protection du public ?

Illégalité ?

Dans tous les cas, peu importe ce qui s’est passé, il est important de savoir s’il existait au préalable une résolution du conseil ou l’ordonnance d’un juge qui aurait ont empêché l’accès au président aux bureaux de l’OIQ. Dans le cas contraire, il est bien évident que ceux qui auraient posé un tel geste seraient clairement dans l’illégalité et devraient être sévèrement punis, en l’occurrence avec un congédiement sans compensation.

La Presse enfonce le clou

Le lendemain, 6 mai 2016, soit le jour où les ingénieurs on commencé à voter, un autre article signé par Kathleen Levesque apparait dans la Presse. Il est intitulé ‘‘Ordre des ingénieurs: tentative avortée du président de démettre la DG”. Dans cet article des allégations du même genre que celles étaient rapportées dans l’article de la veille sont de nouveau mentionnées. L’information nouvelle est principalement celle qui figure en tout début d’article et elle est inquiétante :

”Après huit heures de débats, les administrateurs ont plutôt choisi de s’engager dans un processus de médiation afin d’éclaircir le rôle et les responsabilités de la direction générale et des administrateurs.”

Conséquences

Au delà du personnage du president actuel, qui, indépendamment des allégations, a certainement ses torts ne serais-ce qu’au niveau politique, puisque, après avoir joui de l’appui indéfectible d’alliés pendant toute son ascension, a préféré faire confiance à des personnes qui ont fait semblant de l’avoir accepté dans l’establishment pour mieux lui planter un couteau dans le dos aussitôt qu’il a été en position de faiblesse, c’est tout le concept de gouvernance d’un ordre professionnel qui est remis en question. En d’autres mots:

  • Est-ce que ce sont les élus qui décident, ou les tireurs de ficelles en arrière, dont les cadres de l’OIQ sont l’outil visible  ?

L’association encourage tous les ingénieurs à se poser la question avant de voter et leur suggère de voter pour le seul candidat à la présidence qui met ses principes avant tout et qui n’a jamais lâché ni face aux tentatives de l’amadouer, ni face aux menaces et aux chantages.

 

 

 

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