Élections OIQ: Pour qui voter?

Publié le: 10 mai 2017

Classé sous: Messages

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Préambule

Depuis vendredi 5 mai à 16 heures et jusqu’au vendredi 26 mai à 16 heures les ingénieurs peuvent voter pour choisir les administrateurs élus par les membres qui vont siéger au conseil de l’Ordre des ingénieurs du Québec. À l’exception d’un billet sur le sujet,  l’association a été très discrète au sujet de ces élections jusqu’à maintenant, car l’Ordre est sous la tutelle du gouvernement. Par conséquent, peu importe qui seront les administrateurs élus par les ingénieurs, les décisions importantes à court terme seront prises à l’extérieur de l’organisation: Les administrateurs qui ne seront pas d’accord avec les décisions imposées par le haut par le truchement des tuteurs ou de l’Office des professions n’auront que deux choix: Tout avaliser ou démissionner.

Par ailleurs, contrairement à avant 2015, les administrateurs élus n’auront même plus l’option de démissionner en claquant la porte sans risquer de se faire poursuivre. En effet, le nouveau code d’éthique et de déontologie des administrateurs,  adopté en 2015 suite à des très fortes pressions de Jean-Paul Dutrisac, président de l’Office des professions, contient désormais des articles extrêmement stricts et discutables, dont la portée s’étend même après que l’on ne siège plus au conseil. Ce code comporte de nombreux aspects anti-démocratiques et aberrants, comme il appert de l’analyse de plusieurs de ses articles.

Les élus au CA de l’OIQ ne sont pas nos représentants

Malgré le fait que l’Ordre soit sous tutelle et que les administrateurs aient les mains liées dans la pratique, le mythe à l’effet que les administrateurs élus par les membres seraient nos représentants auprès de cette institution a la vie dure et demeure malgré tout dans l’esprit de beaucoup d’entre nous. Ceci est entre autres dû au fait qu’au cours des dix dernières années de nombreux administrateurs élus, dont notamment certains présidentes et présidents, ont tenu (et tiennent encore) des discours plus qu’ambigus sur le rôle de l’Ordre, autant dans leur texte de présentation aux élections que lorsqu’ils s’expriment publiquement ou dans les réseaux sociaux.

Alors que théoriquement ils sont là pour s’assurer que l’Ordre protège réellement le public, au même titre que les administrateurs nommés par l’Office des professions, ces administrateurs greffent dans leurs discours tout un tas de volets imaginaires à la véritable mission de l’Ordre. Ils se gargarisent notamment avec des concepts qui sont normalement l’apanage d’autres organisations, dont la promotion de la profession et l’offre de services commerciaux aux membres.

Or, non seulement cette incompréhension du rôle de l’Ordre fait qu’année après année il y a des augmentations directes et indirectes du coût d’être ingénieur bien supérieures à l’inflation, et ce, sur la base de concepts aussi farfelus que l’expérience client et la présence sur la place publique (voir le PLAN 2020 poussé à grand renfort de publicité), mais de plus cela affecte l’efficacité de l’organisation et dilue la mission.

Une fois élus, que ce soit pour dégager des montants supplémentaires afin de réaliser leur projets purement personnels, ou que ce soit pour satisfaire les demandes voraces des cadres qui  veulent agrandir leurs équipes de façon parfaitement injustifiée, tout en mettant de la pression pour obtenir des conditions salariales princières; ces administrateurs élus finissent aussi par approuver ou tolérer des politiques hautement discutables vis-à-vis de la protection du public. Ils entérinent aussi, sans opposer beaucoup de résistance, l’imposition de contraintes déraisonnables aux ingénieurs ordinaires, tels les règlements sur l’assurance médicaments et sur l’assurance responsabilité.

Les candidats

L’analyse des textes de candidature est intéressante, car même sans connaître les individus certains indices permettent facilement de distinguer ceux qui souhaitent corriger partiellement ou entièrement la situation de ceux qui font partie de l’establishment ou souhaitent en faire partie. En particulier,

  • Quelques candidats de cette année se sont déjà présentés l’année dernière. L’analyse de l’association sur ces candidats est demeurée sensiblement la même après la publication des textes de cette année, notamment en ce qui a trait à Sylvie Girard dans la région électorale de Québec. Pour ce qui est des autres candidats, deux s’étaient présentés à la présidence l’année dernière et l’analyse de 2016 à cet égard demeure encore valable aujourd’hui.
  • Un candidat dans la région de Montréal, Jean-Marc Pelletier, est le seul qui semble avoir compris la totalité des véritables problématiques de l’organisation. De plus, il est le seul qui mentionne expressément l’assemblée générale extraordinaire du 6 mai 2014, ainsi que les résolutions adoptées à grande majorité par les membres.
  • Un autre candidat dans la région de Montréal, Alexandre Marcoux, a un discours beaucoup moins clair, mais il ne semble pas particulièrement fier de la direction prise par l’organisation et ne serais-ce que pour cela sa candidature devrait être considérée. Il y a aussi lieu de remarquer que puisqu’il siège présentement au conseil il est compréhensible qu’il soit moins direct dans ses propos, car autrement il risquerait de se faire éjecter.
  • Toute référence dans les textes de présentation au PLAN 2020, surtout chez ceux qui siègent déjà au conseil, est quelque peu suspecte. En effet, cela dénote une volonté de continuer avec le  »statu quo » même lorsque, un jour, la tutelle sera levée. De plus, puisque le PLAN 2020 a été voté à l’unanimité par le Conseil, il est clair que les administrateurs qui y siègent présentement portent une lourde responsabilité relativement à son adoption, à moins bien sur d’avoir été absents lors de la réunion où son adoption a été votée. Malheureusement la liste des présents lors de réunion du Conseil du 16 décembre 2016 où le PLAN 2020 a été adopté n’est toujours pas disponible sur le site de l’OIQ.

Conclusion

Tant que l’OIQ sera sous la tutelle du gouvernement, les administrateurs n’auront dans la pratique aucun droit au chapitre. Il est donc illusoire de s’attendre à des améliorations à court terme, sauf éventuellement en ce qui a trait à des dossiers de peu d’intérêt pour le gouvernement actuel comme l’assurance médicaments obligatoire ou, peut-être, l’assurance responsabilité monopolistique, dossiers pour lesquels les administrateurs élus cette année pourraient éventuellement faire la différence dans les mois qui viennent.

Par contre, étant donné que les élections provinciales auront lieu au plus tard le 1er octobre 2018, on peut raisonnablement supposer que la tutelle sera levée juste avant cette échéance. De plus, advenant un changement de gouvernement, le nouveau parti au pouvoir pourrait être partiellement ou totalement confortable avec un changement de politique de l’Ordre au niveau des sanctions imposées aux détenteurs du titre haut placés ayant effectué des donations politiques illégales, surtout si cette politique n’aurait pas d’effets rétroactifs. La composition du conseil de l’OIQ quand ces événements vont survenir aura donc une très grande importance .

Faire le bon choix demeure donc encore pertinent,

même plus que les années passés !

 

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