Finalement du bon sens sur la question du plus bas soumissionaire

Publié le: 6 mai 2015

Classé sous: Nouvelles

Email this to someoneShare on FacebookShare on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+

Le 2 mai 2015 a paru dans la Presse un texte d’opinion intitulé : Que nous coûte le plus bas soumissionnaire ? Rédigé par M. Simon Bélanger, conseiller sénior en environnement, qui n’est pas ingénieur, mais détenteur d’une maitrise en géographie physique de l’université Laval. Ce texte d’opinion présente de façon extrêmement claire et articulée tous les inconvénients, voire les absurdités, de la législation actuelle en matière d’attribution de contrats par les organismes publics.

En fait, dans la même veine on pourrait même ajouter que ce qui est encore plus odieux est que la législation ne s’applique  pas à tous les professionnels, mais juste à certains. En particulier, les services d’avocat ne sont pas soumis à cette législation. Pour faire un parallèle, les politiciens ont décidé que  pour certains services, pourtant réellement essentiels pour la sécurité du public, la qualité est secondaire, alors que pour d’autres, qui souvent ont impact réel mineur sur la population, il n’y a rien de trop beau.

Le pire est que cette législation a fortement encouragé certains gestionnaires de certaines grandes firmes de génie conseil la tentation de faire des soumissions à perte, pour se rattraper ensuite en facturant des extras exagérés, voire même correspondant à des travaux inexistants. Évidemment, et cela est sorti au grand jour à la Commission Charbonneau, une telle approche ne peut fonctionner qu’avec la connivence de certains politiciens et de certains fonctionnaires…qui d’ailleurs souvent l’encouragent et en prennent avantage, lorsque ce ne sont pas eux qui l’exigent carrément !

Et pourtant la solution à ce problème existe et passe par la solidarité et l’intégrité professionnelle, en établissant des revenus  réalistes minimaux pour les ingénieurs, qu’ils soient fonctionnaires, employés dans le privé, à leur compte ou associés dans des firmes, en dessous desquels on peut raisonnablement assumer qu’ils soumissionnent à perte et que donc ils ont l’intention de bâcler leur travail ou encore à recourir à des procédés peu éthiques, avec toutes les conséquences que cela comporte en termes d’acceptation par les pairs, mais aussi au niveau disciplinaire.

Cela étant dit, on peut être certains que 99% de ceux qui seraient sanctionnés ne seraient pas des ingénieurs qui  pratiquent réellement le génie, mais plutôt des détenteurs du titre qui font du lobbyisme au sens large (pas au sens très restrictif de la loi québécoise), activité qu’ils appellent pudiquement  »développement d’affaires »

 

 

 

 

 

 

Email this to someoneShare on FacebookShare on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+

Laisser un commentaire