Formations en ligne (MOOC)

Les trois dernières années ont vu la prolifération de sites qui regroupent des cours en ligne qui ne visent généralement pas l’obtention d’un diplôme et qui sont gratuits ou très abordables : les MOOC (Massive open online courses) – ou CLOM (Cours en ligne ouverts aux masses) en français. Cette évolution a été rendue possible par :

  • l’évolution rapide de la technologie, notamment par l’augmentation du taux de transfert de données sur Internet, qui permet désormais la transmission de la vidéo à haute résolution à une multitude de clients,
  • l’introduction de plateformes informatiques, qui permet de formater et gérer aisément les contenus (Moodle, myVLE  etc.),
  • la démocratisation des outils de création de contenu (logiciels de dessin, cameras, etc.).

Toutefois, il faut comprendre qu’au delà de la technologie, monter et gérer un cours requiert une intervention humaine non négligeable, et par conséquent ça entraîne encore des coûts significatifs. Les raisons pour lesquelles un cours est offert gratuitement ou presque, les raisons vont bien au delà des économies d’échelle, et notamment :

  •  L’institution subventionne le cours, car elle souhaite acquérir de la visibilité afin d’attirer des élèves payants pour des cours en classe (souvent le cas des universités américaines),
  • Les gouvernements nationaux subventionnent indirectement le cours, car ils veulent faire rayonner la langue et la culture du pays (le cas de la France notamment),
  • Il n’y a pas de travaux pratiques en laboratoire, et donc il n’y a pas de dépenses qui y sont associées,
  • Le contenu du cours a une valeur stratégique limitée dans le sens qu’aucune connaissance permettant le développement de produits très concurrentiels, ou encore ayant un intérêt militaire, n’y figure.

Pour toutes ces raisons, la plupart des cours en ligne disponibles sont des cours de base, bien que quelques cours un peu plus plus avancés commencent à faire surface. Cela dit, du point de vue de l’ingénieur québécois, cette considération est souvent secondaire, à moins de rechercher une formation avancée en regard d’une problématique spécifique et urgente, et non pas simplement pour se mettre à jour et ainsi satisfaire les exigences de l’OIQ.

Sites principaux

Du point de vue de l’ingénieur québécois qui souhaite s’assurer que ses formations sont reconnues par l’OIQ, les sites les plus intéressants sont:

  • Coursera.  Tous les cours dispensés sur ce site sont gratuits et sont dispensés par des universités prestigieuses. Par conséquent, dans la mesure où les cours pris  sont pertinents à votre pratique, et si vous demandez une attestation de suivi,  dont le coût est généralement de  $49  US, il est pour le moins improbable que l’Ordre décide de refuser les heures de formation que vous aurez suivies sur Coursera, . Par contre, la plupart des cours disponibles sur Coursera sont en anglais. Il y a quand même des exceptions, dont notamment les cours en ligne offerts en français par l’École polytechnique de Paris , l’École des Hautes études commerciales de Paris (HEC), l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC) et l’École Polytechnique de Lausanne. Pour en savoir plus veuillez consulter Wikipedia en anglais sur le sujet (l’article en français contient considérablement moins d’information).
  • edX. Ce site semblable à Coursera mais regroupe, en plus d’autres universités prestigieuses, dont Berkeley, Caltech, Harward, MIT et McGill,  certaines institutions collégiales ainsi que des organismes de formation privés, dont la Linux Foundation. Les cours sont gratuits, sauf si vous demandez une attestation de suivi (recommandée) dont le coût varie, mais est généralement très raisonnable (quelques dizaines de dollars). Très peu de cours en français sont offerts. Pour en savoir plus veuillez consulter Wikipedia en anglais sur le sujet (l’article en français contient considérablement moins d’information).
  • FUN -France Université numérique.  Plus récent que les deux sites précédents et basé sur la même plateforme logicielle qu’edX (mais indépendant en termes de gestion), ce site a été subventionné par le gouvernement français et regroupe un grand nombre d’institutions universitaires de France. Les cours sont donc en très grande majorité dispensés en langue française. Les cours sont gratuits mais, pour l’instant, il n’est pas possible d’obtenir une attestation de suivi pour tous les cours, et même pour ceux pour lesquels on peut, il faut prévoir des délais. Pour cette raison, pour fin de reconnaissance de la formation par l’OIQ, il est fortement recommandé d’imprimer autant de documentation que possible (texte du cours, exercices résolus, quiz, courriels échangés avec les formateurs ou d’autres participants, etc.). Il y a lieu de remarquer qu’un cours particulièrement intéressant, appelé  » Monter un MOOC de A à Z  » est régulièrement offert sur ce site. Ceux le suivront seront ensuite bien outillés pour créer des MOOCs eux mêmes, au bénéfice de tous leurs collègues, car le risque d’un refus de la part de l’OIQ pour des cours  créés par un ingénieur, détenteur d’un diplôme d’une université québécoise, ou détenteur d’un diplôme reconnu par l’OIQ comme permettant l’obtention d’une équivalence, ne devrait pas être très élevé….!
  •  Udacity. Ce site se différencie des précédents dans le sens qu’il n’est pas associé seulement à des universités, mais aussi à des institutions privées ou à des formateurs indépendants. Presque tous les cours offerts ont trait aux technologies de l’information et sont en anglais. Certains cours sont gratuits alors que pour d’autres, les plus avancés, il faut débourser 199$ par mois après une période d’essai de 14 jours.
  • Udemy. Le modèle d’affaires de ce site est complètement différent des autres dans le sens que tout formateur peut mettre ses cours en ligne selon un modèle de partage de revenus qui lui permet de ne pas avoir de frais fixes. Une courte formation sur comment créer un cours est aussi fournie sur ce site et certain contrôle de qualité est effectué, mais les standards sont moins stricts que ceux des autres. Par ailleurs, les cours ont généralement une durée beaucoup plus courte (une à trois heures). Enfin, les cours en français sont très peu nombreux. La raison principale pour laquelle ce site est intéressant est que les ingénieurs qui envisagent de créer des cours pour leur collègues peuvent le faire sur cette plateforme.

Cours en ligne offerts par des universités québécoises

Au Québec le phénomène est encore à ses balbutiements, et, de plus, presque aucun cours ayant trait de près ou de loin à la technologie ne semble être offert. Voici les institutions qui offrent des cours en ligne :

  • Université de Sherbrooke. Elle offre un MOOC de trois (3) heures sur l’approche Lean à 250$ dans le cadre de la formation à distance. Bien que cher par rapport à d’autres cours MOOC, il pourrait être d’une pertinence certaine  pour ceux qui œuvrent dans le domaine manufacturier.
  • Université Laval. Elle offre présentement un premier MOOC sur le développement durable. Il pourrait être d’une grande pertinence pour beaucoup d’ingénieurs, et notamment ceux dont le domaine de pratique touche l’environnement.
  • HEC. L’École des Hautes études commerciales a crée en 2013 le site Edulib. Des cours y sont régulièrement offerts, mais le choix est extrêmement restreint.
  • TELUQ. L’ université à distance de l’Université du Québec offre des cours de nature historique et de nature sociale qui sont généralement peu susceptibles d’être d’intérêt pour les ingénieurs (dans le cadre de leur travail).

Comme mentionné précédemment l’université MCGill offre ses MOOCs par le biais du site edX. Présentement il y en a juste un qui pourrait être pertinent pour les ingènieurs, soit celui qui a trait aux désastres naturels.

Portail générique d’information sur les MOOCs

Il est toujours possible d’effectuer des recherches sur les MOOCs disponibles partout dans le monde en utilisant un outil agrégateur. Le meilleur pour l’instant est le site MOOC-list.

 

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