L’assemblée de l’OIQ: Plus que jamais une triste farce

Publié le: 13 juin 2018

Classé sous: Messages

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Le jeudi 14 juin à partir de 17 h 30 aura lieu au Palais des congrès de Montréal (salle 510) l’assemblée générale annuelle (AGA) de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Est-ce que cela vaut la peine d’y participer ?

Depuis l’entrée en vigueur du projet de loi 98 qui a enlevé les derniers garde-fous dont les membres disposaient pour limiter le pouvoir des ordres professionnels de fouiller dans leur poches, la participation à l’assemblée annuelle devient encore plus un exercice futile, stérile et frustrant pour tout professionnel. En effet, alors qu’auparavant les membres des ordres pouvaient au moins rendre compliquées les augmentations arbitraires de la cotisation en votant contre la proposition à cet effet en assemblée générale, le nouveau code des professions a transféré ce pouvoir aux conseils d’administration (CA). De plus, la composition des CA a aussi été révisée pour augmenter le pourcentage des soi-disant  »représentants du public », qui en fait ne sont que des individus choisis par l’Office des professions pour leur loyauté aux priorités de cette bureaucratie et du parti politique au pouvoir.

Dans les faits à l’Ordre des ingenieurs ce pouvoir de veto des membres avait déjà été attaqué à des nombreuses reprises au cours des dernières années, notamment par le recours à un obscur article du Code qui permettait au conseil de court-circuiter les membres en déclarant une cotisation supplémentaire.  Par contre, une telle cotisation supplémentaire ne pouvait être officiellement intégrée à la cotisation régulière et ne pouvait être reconduite « ad infinitum » non plus.

Une augmentation de cotisation de l’OIQ certaine de 26,5% et presque certainement de 30,9% au cours des deux dernières années

Les changements au Code des professions ont donné des ailes aux bureaucrates qui dirigent l’OIQ depuis quelques années. Après les revers en 2013 et 2014, années où l’assemblée générale avait refusé des augmentations respectivement de 100 $ avant taxes (50% d’augmentation) en 2013 et de 95_$ avant taxes (45% d’augmentation) en 2014, les dirigeants avaient dû se rabattre sur des cotisations supplémentaires, de 90 $ en 2013 et de 50 $ en 2016 pour réussir à boucler des budgets manifestement irréalistes, et ce, en les faisant passer à travers la gorge des ingénieurs.

Après avoir modéré un tout petit peu leurs ardeurs lors des assemblées en 2015 où l’augmentation fut de 15 $ et en 2016 ou elle fut aussi de 15 $, l’année dernière ils ont réussi à faire passer une augmentation de 60 $ (17,6 % d’augmentation) en laissant croire qu’elle n’était que de 10 $. Peu d’ingénieurs s’étaient alors présentés en assemblée générale, ce qui a assuré une majorité en faveur de l’augmentation, puisque les quelques dizaines d’ingénieurs employés de l’Ordre, ainsi que ceux qui siègent sur le conseil sont tous immanquablement présents à chaque année…et ils votent.

Cette année ce petit spectacle ridicule ne sera pas nécessaire : Comme mentionné auparavant c’est désormais le conseil d’administration qui décide des augmentations de la cotisation. Tout ce que le code exige est une  »consultation » des membres. On a bien vu l’impact que ces  »consultations » ont sur les décisions finales lors de l’adoption du nouveau règlement sur l’inspection professionnelle ! C’est pour cette raison entre autres que l’association ne se donne plus la peine de faire parvenir ses commentaires à l’Ordre.

Par ailleurs, en plus d’avoir décidé d’une augmentation de cotisation de 30 $ on nous demandera aussi de voter une cotisation spéciale de 15,15 $ pour deux ans, supposément pour effectuer une campagne de valorisation de la profession. À part du fait que cela ne rentre nullement dans les affectations de l’OIQ, l’expérience a déjà été faite entre 2011 et 2013 et le résultat fut tellement catastrophiques que le programme fut terminé avant échéance.

Quels sont les prétextes sont soulevés pour justifier des augmentations tellement supérieures à l’inflation?

Depuis un an et demi l’OIQ nous rabat les oreilles avec son fameux PLAN 2020, en sous-entendant que c’est grâce à sa mise en application que la réputation des ingénieurs se serait améliorée depuis. C’est au nom de cette supposée corrélation que la cotisation supplémentaire de 50 $ de 2016 a été déclarée, que l’augmentation de la cotisation régulière de 60 $ a été obtenue l’année dernière et l’augmentation de 30 $ a été décidée cette année.

Dans les faits, aucune preuve concrète d’un quelconque lien entre cette amélioration de la réputation des ingénieurs et le PLAN 2020 (ou d’autres initiatives de l’OIQ) n’a jamais été produite. En fait, si amélioration il y a eu, elle est bien plus probablement due à d’autres facteurs, dont:

a) Aucun scandale concernant les firmes de génie-conseil n’a fait la manchette des journaux depuis deux ans. Le contraire aurait d’ailleurs été étonnant puisque les enquêtes se sont terminées avec la publication du rapport de la juge Charbonneau.

b) L’attention des médias, et conséquemment de la population générale, s’est déplacée sur les médecins, notamment en raison des scandales associées à leur rémunération.

La rémunération de la présidence

Un autre sujet sur lequel on nous demandera de voter a trait à la rémunération de la présidence et des administrateurs. Les nouvelles dispositions dans le code des professions permettent en théorie de voter sur la rémunération des administrateurs et de la présidence. Par contre, la seule option qui appert être disponible d’après le documents fourni est d’entériner ou non des augmentations et non pas de diminuer ces rémunérations. II en va de même pour la présidence, pour lequel le document fourni n’est même pas complet, puisque l’on parle d’une annexe (description des taches du président) qui n’y figure pas.

Dans les faits il est parfaitement légitime de se poser la question à savoir pour quelle raison l’OIQ aurait besoin d’un président à temps plein payé plus de 210000 $ lorsqu’il y a déjà un directeur général payé autant. Il serait autrement plus juste, logique et économique de rémunérer le(la) président(e) au besoin selon le modèle des jetons de présence, comme cela a été le cas jusqu’à il y a deux ans.

Conclusion

De par son historique et de par le fait que l’OIQ est sous la tutelle d’un gouvernement qui a tout à perdre d’un Ordre vraiment indépendant, il serait naïf de penser que si les résultats des votes n’étaient ceux souhaités par les dirigeants actuels la volonté des membres serait respectée, que ce soit avec des prétextes ou même sans. La participation à cette assemblée est donc purement facultative et son seul intérêt est de constater une fois de plus comment les dirigeants de l’Ordre et leurs parrains au gouvernement s’organisent pour atteindre leurs objectifs de financement à nos frais.

Dans ces conditions, l’association a  renoncé, du moins pour l’instant, à mobiliser les ingénieurs lors des assemblées générales pour se concentrer plutôt sur la défense de ces ingénieurs particuliers qui sont visés injustement par l’Ordre et qui n’ont pas d’autres moyens de se défendre.

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Mise à jour du 17 juin 2018

Effectivement tout s’est déroulé comme prévu (par l’establishment). Augmentation de cotisation de 45,15 $ (11.3 %) incluant la cotisation spéciale. Si l’on considère l’augmentation de l’année dernière de 60 $ la cotisation de l’OIQ aura augmenté de 30,9 %.

 

 

 

 

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