Lettre des anciens inspecteurs aux administrateurs de l’ OIQ datée du 20 avril 2016

Aux membres du Conseil d’administration de l’OIQ.

Bonjour messieurs, mesdames,

Possiblement que les noms des signataires de cette lettre ne vous disent rien. En effet nous sommes des anonymes à l’OlQ, à part le fait que nous sommes tous et toutes ingénieurs(es) avec un numéro de membre et d’anciens inspecteurs pour l’Ordre.

Ce message se veut un plaidoyer sur la façon pour le moins cavalière dont nous avons été remerciés de nos services sans aucune explication valable. Ceci souligne le manque de professionnalisme des responsables à l’Ordre dans le traitement de la situation et sur l’absence totale de reconnaissance pour le travail accompli durant les 5, 6, 7, 8, 9 ou 10 dernières années, selon les inspecteurs. Dans cette ère où l’Ordre est censé vouloir se rapprocher de ses membres, être plus humain et être plus transparent, nous pouvons sans contredit constater que c’est encore une fois totalement raté, en plus d’être d’une désolation extrême pour les inspecteurs en cause. Par ce manque d’humanisme et de professionnalisme, l’Ordre confirme ce que lui reprochent régulièrement ses membres.

À l’été et en début d’automne 2015, suite à une visite du ministère du Revenu du Québec, I’OIQ a imposé successivement et de façon unilatérale à la majorité des inspecteurs un changement de statut, passant de travailleur autonome à salarié. L’Ordre a aussi indiqué à l’ensemble des inspecteurs que leur poste ne serait pas renouvelé à l’expiration de leur contrat. Dans une autre lettre, on nous indiquait que nous pouvions poser notre candidature au même titre que quiconque et que nous ne bénéficierions d’aucune priorité ou avantage dans le processus de sélection, peu importe notre expérience. Curieusement, aucun des ex-inspecteurs (une dizaine) qui ont postulé sur ces nouveaux postes n’ont été retenus, l’Ordre alléguant qu’ils n’avaient pas la compétence requise…! De plus, les quelques inspecteurs étant toujours sous contrat ont été avisés que bientôt, ils ne recevraient plus aucun mandat à exécuter. Comme si le scénario était écrit à l’avance.

Tout ceci ressemble à une vendetta visant l’ensemble des inspecteurs qui ont beaucoup donné à l’Ordre et ce, toujours selon les mandats et instructions qu’ils recevaient. Nous comprenons que l’OIQ doit répondre à des demandes de l’Office des professions, dont entre autres d’augmenter le nombre d’inspections, mais ceci pouvait très bien être atteint en ajoutant des inspecteurs à ceux déjà en place. Il n’y avait aucune nécessité et aucune économie à ce que tous les inspecteurs soient à plein temps. Il est incompréhensible et frustrant de constater qu’aucune considération n’a été accordée à l’expérience acquise, aux connaissances des lois, des règlements et des bonnes pratiques, au savoir-faire et au savoir-être développé par les ex-inspecteurs. Ces connaissances et compétences nous apparaissent pourtant primordiales pour que l’OIQ soit en mesure d’assumer son rôle en inspection professionnelle afin de protéger adéquatement le public et de développer un certain flair à déceler l’incompétence, les lacunes en déontologie et la pratique illégale.

Et que dire de l’expérience acquise par les inspecteurs du monde réel dans lequel œuvrent les ingénieurs d’aujourd’hui (systèmes agiles, outils informatiques et de télécommunications, travail en équipe virtuelle, etc.). Pensons aux trois conditions requises pour le test d’une décision éthique : Transparence, exemplarité, réciprocité. L’Ordre semble avoir manqué la cible dans les trois cas!

De plus, ce virage ne semble pas s’adresser aux problématiques soulevées lors de la Commission Charbonneau, soit de trouver plus facilement les membres qui pratiquent collusion, corruption et autres actes de malversations.

Ces évènements nous apparaissent être l’aboutissement d’un plan probablement élaboré quelque part l’an dernier par des gens en autorité à 1101Q, mais nous ne saisissons cependant pas la raison de cette démarche. Quel pourrait être l’objectif d’un Ordre professionnel d’agir ainsi à l’égard de son service d’inspection? Nous ne comprenons pas la nécessité et le bien-fondé de cette transformation. De plus, la façon dont nous avons été traités manque totalement de professionnalisme et maintient la confusion la plus totale dans le traitement administratif de l’application des droits vis-à-vis les travailleurs autonomes que nous étions, devenus salariés par la force, dont entre autres l’émission des documents d’imposition, lesquels ont été remplis par la permanence avec beaucoup d’erreurs.

Cette lettre ne saurait exprimer entièrement le total mépris dont nous avons fait et faisons toujours l’objet et l’extrême déception que nous éprouvons à l’égard de l’Ordre et particulièrement de certains de ses dirigeants. Nous demandons donc dans les plus brefs délais, la tenue d’une rencontre d’information et d’échanges entre les inspecteurs et le C.A. sur l’ensemble de la situation.

Nous demandons des excuses officielles du C.A., un blâme aux responsables de ces décisions improvisées et aussi réparations des lacunes pécuniaires subies par les inspecteurs depuis l’application de ces décisions.

En espérant que le C.A. de l’Ordre saura répondre avec diligence à notre requête, nous nous attendons à un professionnalisme à la hauteur de celui que l’Ordre exige de ses membres. Devant l’absence de réponse à cette requête, nous pensons prendre d’autres mesures pour la reconnaissance de nos services, dont entre autres le fait de porter cette situation à l’attention de l’Office des professions.

Soussigné par la majorité des ex-inspecteurs le 15 avril 2016.

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