Nos confrères ontariens sonnent l’alarme

Publié le: 25 février 2016

Classé sous: Emploi

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Par Giuseppe Indelicato, ing.

Dans le contexte où plusieurs secteurs technologiques du Québec sont en crise, les gouvernements ne semblent pas vouloir ajuster leurs politiques d’immigration en fonction de cette réalité désormais incontournable. Il semblerait que la situation en Ontario soit encore plus grave qu’ici, comme en fait foi ce texte écrit par deux ingénieurs bien connus là-bas :

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There are more than twice the number of engineering educated people in Ontario outside the engineering profession than there are members of Professional Engineers Ontario

RE: Underemployment of Engineering Graduates and Oversupply of Ontario Engineers.

The Federal government continues its disastrous plan to import more engineers into Canada. To get more engineering done, engineering must be funded. Dumping more engineers into our economy will not create more engineering work. That is what the Federal government did in the 1995-2005 period. Over 150,000 engineering educated immigrants were brought to Canada; 100,000 more than the jobs available.

figure1

A decade later the results of this fiasco are still with us. Today we have over 180,000 people with engineering degrees in addition to the 85,000 members of Professional Engineers Ontario, PEO, the organization that governs and Licenses the practice of Engineering in Ontario.

figure2

Ontario does educate its own engineers, about 5000 per year, and Canada educates about 11,000/year. What jobs are left for our engineering graduates?

The 2011 National Household Survey indicates that 63% of persons in the age group 25 to 34 with a university degree in engineering (Bachelor’s or higher) are not working in engineering.

The high underemployment/unemployment of graduating engineers can be directly connected to the misguided Federal government programs of the last two decades which bring in immigrant engineers without any thought to the engineering jobs they will find or the consequences on our own Canadian/Ontario Engineering graduates.

  • We now have an excessive number of people with Engineering Degrees that are not doing engineering including about 2/3s of engineering graduates of the last 10 years;
  • The Federal Program says it wants new immigrants to “ take part in our economy”. What post immigration follow-up has the government been doing to ensure that immigrants are fully utilized?

There are more than two times the number of people with engineering degrees in Ontario, many of them previous immigrants, than there are members of Professional Engineers Ontario. Every Engineer in PEO today could retire tomorrow and we would still have more than twice the number of engineers that we need! Furthermore, the age distribution of this group goes from new graduate to senior engineer. The baby boomer retirements have already been covered more than twice. We do not need any more coverage. Using this wasted talent to do engineering work will spur our economy.

Engineers build economies. Hiring an engineer is an investment in our future. They develop new products, new manufacturing productivity improvements and new infrastructure. This only happens when engineering is funded. For example, a three year subsidy to small and medium sized Canadian industries to hire Professional Engineers, would go a long way to boosting our economy.

Funding more engineering is a better idea than encouraging more immigrant engineers to be underemployed and creating a depressed job market for both previous immigrants and our own engineering graduates.

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Peter M DeVita, MASc,MBA, P.Eng., FEC, 2000-2001 PEO Past President,Current Candidate for PEO President-Elect. (www.devita.com/PEO, peterdev@devita.com)

 

 

 

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Ray Givens, P.Eng., Contributing Director to OSPE Labour Studies (ray@giveng.com)

 

 

 

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Ce texte soulève la question largement balayée sous le tapis pendant longtemps, à savoir :  Avant d’accueillir davantage de diplômés en ingénierie en provenance de l’étranger, ne faudrait-il pas s’assurer au préalable de pouvoir fournir une chance raisonnable  à ceux qui ont étudié ici, ainsi qu’à ceux qui sont déjà ici en tant que citoyens ou immigrants reçus, de trouver un emploi à la hauteur de leurs attentes, conforme aux études effectuées et leur permettant d’utiliser les connaissances et les compétences acquises ?

Par ailleurs, surtout en ce qui concerne les diplômés en génie ayant étudié à l’étranger, les statistiques fournies par les  »experts » ici au Québec ne sont pas vraiment fiables, d’autant plus qu’elles ne reflètent pas nombre de paramètres qui ont une importance cruciale, dont :

  • Les seules statistiques disponibles se rapportent aux membres de l’Ordre des ingénieurs, alors que beaucoup de diplômés en génie de l’étranger ne s’y inscrivent pas une fois rendus ici, entre autres parce que les coûts d’admission associés sont excessivement importants.
  • L’arrimage entre les compétences et le domaine d’emploi. A quoi bon faire venir des diplômés en génie qui ont des connaissances des domaines où il existe déjà des surplus d’ingénieurs ? S’ils sont chanceux, les seuls emplois qu’ils pourront trouver seront probablement pour des postes de débutant, donc en faisant la concurrence au finissants d’ici, ou encore dans un domaine autre que le leur, où ils doivent recommencer pratiquement à zéro, encore une fois engendrant une pression à la baisse des salaires.
  • Dans certain cas les statistiques officielles comptabilisent tous les emplois trouvés par des diplômés en génie comme pertinents, alors que certains ne sont même pas des emplois le moindrement associés au génie. En fait, n’en déplaise à certains, ce n’est pas faire preuve d’égoïsme ou racisme de vouloir planifier et adapter les politiques d’immigration à la situation économique, car une fois qu’un diplômé en génie de l’étranger est accepté nous en devenons pour ainsi dire  »responsables », ainsi que des impacts que sa situation peut avoir sur la profession toute entière. Il faut donc se poser au préalable la question si sa venue renforcera ou affaiblira le développement technologique du Québec.

Par ailleurs, alors que ces considérations pouvaient être ignorées jusqu’au il y a quelques années, le chômage chez les ingénieurs et les diplômes en génie au Québec étant encore relativement sous contrôle, aujourd’hui il est vraiment illusoire de penser qu’au Québec la situation s’améliorera  à court ou à moyen terme. En particulier, le secteur de l’aéronautique, suite au déboires de Bombardier et le manque de fermeté du gouvernement provincial dans le dossier perd des emplois à pleines portes, le génie-conseil peine à se relever des stigmates associées aux gestes posés par certains dirigeants et dévoilés à la commission Charbonneau, le secteur minier est plus que morose, tandis qu’aucun autre secteur ne semble être en mesure de pouvoir prendre la relève.

Bien évidemment on pourrait rétorquer que la situation au Québec est probablement moins critique qu’en Ontario, autant parce qu’en raison de la barrière de la langue il accueille beaucoup moins de diplômes en génie ayant étudié à l’étranger, qu’en raison du fait qu’au Québec il n’existe pas (heureusement) d’exemption industrielle.

Laissez faire et discrimination

Comme mentionné dans le billet de Devita et Givens, les gouvernements n’ont pas une politique d’immigration qui fait du sens, mais celle-ci est n’est probablement que juste une facette d’une problématique plus large, soit l’absence totale d’une politique industrielle digne de ce nom.

Cette attitude de  »joyeux laisser faire » découle vraisemblablement d’une sensibilité excessive de politiciens aux demandes des lobbys forts, et ceux qui en font les frais sont entre autres les ingénieurs et les scientifiques d’ici par rapport à ceux qui résident à l’étranger.

En effet, des subventions, crédits d’impôts et autres avantages sont souvent donnés à des entrepreneurs malgré qu’ils :

  • délocalisent de nombreuses activités vers des pays à l’étranger,

et/ou

Dans ces conditions, les entrepreneurs qui persistent à vouloir développer des technologies ici se voient  pénalisés, et les ingénieurs d’ici objectivement discriminés.

La réalité sur le terrain

Au delà des beaux discours, c’est un fait que beaucoup de finissants en génie ont bien plus de difficultés que par le passé à se trouver un emploi. Par ailleurs, les ingénieurs plus âgés qui perdent leur emploi ont aussi beaucoup de difficulté à s’en trouver un autre équivalent et beaucoup finissent par se présenter comme consultants, allant de petit contrat à petit contrat avec des longues périodes creuses entre chaque.

 

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