Tours de refroidissement : Bien plus que des simples accessoires des bâtisses

Publié le: 10 janvier 2018

Classé sous: Éléctrique, Formation, Génie Chimique

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Encore récemment au Québec et au Canada, les tours de refroidissement n’étaient considérées par leurs exploitants que comme de banales pièces d’équipement nécessaires pour la climatisation de bâtiments ou pour le contrôle de la température dans des procédés industriels. Pour ce qui est du personnel qui travaillait à proximité de ces équipements, peu d’interrogations étaient soulevées relativement aux dangers associés à leur utilisation. Enfin, la population en général était loin de se douter du danger que leur existence pouvait représenter.

Tout cela a changé suite à l’éclosion de légionellose dans la ville de Québec à l’été de 2012. Cet événement, qui a résulté en treize décès et l’hospitalisation de plus de cent quatre-vingt personnes, a engendré une prise de conscience du public et par ricochet, des autorités concernant les risques considérables en matière de santé publique posés par les tours de refroidissement, surtout si elles ne sont pas correctement entretenues.

Encadrements législatifs et réglementaires

Suite à la crise de 2012 et à la demande du gouvernement du Québec, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) a publié en 2013 un premier règlement encadrant l’entretien des tours de refroidissement. Ce règlement impose aux exploitants des normes et des pratiques d’entretien et de contrôle standardisées, basées sur celles qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs dans le monde.

Cette nouvelle législation a suscité beaucoup d’intérêt et de commentaires dans les médias et en 2014 de nouvelles exigences ont été ajoutées au règlement en place afin de mieux définir les situations à risque. En particulier et tel que stipulé par la RBQ, le règlement amendé « (..) vise à améliorer la sécurité du public dans le voisinage des bâtiments équipés d’une installation de tours de refroidissement à l’eau en minimisant le développement de bactéries et le risque de contamination notamment causé par la concentration en Legionella pneumophila ».

Gestion du risque

Le règlement présentement en vigueur rend désormais obligatoire, autant pour les propriétaires exploitants que pour les gestionnaires désignés, l’intégration des programmes d’entretien des tours de refroidissement dans le plan de gestion de risques de leurs installations. De plus, ce programme doit être élaboré et certifié par un professionnel, membre d’un ordre professionnel reconnu (ingénieur, chimiste, technologue, etc.) œuvrant dans le domaine. Voici le libellé exact des articles pertinents figurant dans la réglementation de la RBQ :

  1. L’installation de tour de refroidissement à l’eau doit être entretenue suivant un programme d’entretien.
  2. Le programme d’entretien doit être élaboré et signé par un ou plusieurs membres d’un ordre professionnel selon leur champ d’exercice et dont les activités sont reliées au domaine de l’installation de tour de refroidissement à l’eau….

Responsabilités légales

Un protocole rigoureux, appliqué soigneusement et intégralement, diminue de plusieurs ordres de grandeur le risque de prolifération de la bactérie responsable de la légionellose dans une tour de refroidissement. Toutefois, il est absolument impossible de réduire un tel risque à zéro et des éclosions de légionellose continueront à se produire de façon inattendue, et ce malgré le déploiement des meilleurs efforts du personnel responsable. Agir en conformité avec la règlementation n’exclut donc pas le risque d’éclosion, mais devient incontournable pour protéger l’entreprise et ses responsables en cas d’incident.

En négligeant de s’ajuster au règlement, l’organisation et ses gestionnaires s’exposent à encourir des sanctions civiles et pénales considérables si l’une des conditions suivantes est relevée :

  • Il n’y a pas de programme d’entretien;
  • Le programme d’entretien est incomplet;
  • Le programme d’entretien n’a pas été respecté.

En raison des responsabilités légales encourues mentionnées ci-dessus, et au-delà des compétences des professionnels mandatés pour concevoir, installer, mettre en œuvre et entretenir une tour de refroidissement, il faut garder à l’esprit que le propriétaire exploitant et les gestionnaires désignés demeurent les responsables ultimes de leurs installations. Ils doivent donc aussi maîtriser un minimum de connaissances afin de comprendre et d’évaluer les défis à relever et les risques encourus.

Par exemple, il est primordial pour eux de connaître les conditions environnementales qui favorisent la prolifération de la bactérie responsable de la légionellose, de savoir quand et pourquoi il est urgent d’interrompre l’opération de la tour de refroidissement, de comprendre les plans d’actions mis en place, d’interpréter les relevés des mesures périodiques spécifiées dans le programme d’entretien, etc.

Le rôle du professionnel

Le professionnel qui prend la responsabilité d’élaborer et de certifier le programme d’entretien d’une tour de refroidissement joue, quant à lui, un rôle critique dans la gestion du risque de l’entreprise qui lui en donne le mandat. Son expertise constitue donc la base fondamentale qui lui permet d’établir les recommandations et les plans d’action appropriés.

Le professionnel mandaté a le devoir d’élaborer un ensemble de mesures préventives aptes à réduire autant que possible les risques d’infection en contrôlant la prolifération de la bactérie pathogène et sa dispersion dans l’environnement. Ses prescriptions aux exploitants doivent reposer sur l’analyse spécifique des installations concernées et sur la mise en place de pratiques reconnues efficaces dans la lutte contre la legionella pneumophila dans les tours de refroidissement.

Dans le contexte du règlement sur l’entretien des tours de refroidissement, le professionnel joue un rôle essentiel qui fait appel à son expertise, à son analyse et à son bon jugement.

Programme de formation

Afin de faciliter la tâche des ingénieurs qui assument à différent titres des responsabilités relatives aux tours de refroidissement, un programme de formation en collaboration avec l’association leur sera offert en mars 2018. Ce programme, développé par la compagnie Magnus, comporte cinq (5) modules spécifiques de (4) heures, soit :

  1. Tours de refroidissement ; conception, opération et réglementation
  2. La légionellose et les bactéries Legionella
  3. Gestions des risques microbiologiques et chimiques
  4. Programme d’entretien traitement d’eau
  5. Programme de surveillance, procédures d’interventions d’urgence et revues

Bien évidemment, les membres de l’association auront droit à un escompte substantiel sur le prix régulier.

 

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