Bombardier Transport: Un autre pas vers la perte totale de contrôle sur notre développement technologique ?

Publié le: 16 avril 2015

Classé sous: Nouvelles

Email this to someoneShare on FacebookShare on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+

Il suffit de regarder le classement des 500 plus grandes entreprises au Québec pour se rendre compte qu’en dehors d’Hydro-Québec,  il ne reste presque plus de grandes entreprises technologiques québecoises dont le contrôle est dans les mains de québecois, voire même de canadiens. Il s’ en suit que des pans toujours plus larges de notre économie sont contrôlés par des étrangers, et notamment ceux qui ont le plus de potentiel de croissance, avec tous les inconvénients que cela comporte:

  • Pas de  priorité pour obtenir des investissements pour développer des produits qui auront un marché significatif dans l’avenir,
  • Pas de financement pour la mise sur pied de laboratoires de recherche à la fine pointe de la technologie.
  • Pas de droit de regard sur l’emploi en cas de crise,

Aujourd’hui, en 2015,  Nortel n’existe plus, Alcan a été vendue à Rio Tinto, SNC-Lavalin (5 000 employés au Québec sur 42 000 au total) et CGI (7 000 employés au Québec sur 68 000 au total) sont désormais totalement internationalisées. La seule grande entreprise technologique privée dont le contrôle est demeuré dans les mains de québecois est Bombardier.

Cet état de fait est du en grande partie à une structure de l’actionnariat anachronique, par lequel la famille Bombardier contrôle l’entreprise bien qu’elle ne possède qu’une petite partie du capital, ainsi qu’à l’attitude extrêmement bienveillante des gouvernements qui ont soutenu l’entreprise à coups de centaines de millions en subventions directes et indirectes. Malheureusement, le fait que le contrôle soit détenu par des québecois, n’a freiné que de façon marginale la délocalisation des emplois vers le Mexique, l’Irlande et l’Inde, si bien qu’aujourd’hui il ne reste que 14 757 employés au Québec sur un total de 65 000 au total.

Dans ce contexte les rumeurs insistantes à l’effet que la vente de la division transport de Bombardier serait dans les plans de l’entreprise est donc une mauvaise nouvelle seulement jusqu’à un certain point, puisque la direction actuelle a déjà amplement dilué l’emploi au Québec. Ce qui est plus inquiétant est que la division pourrait être vendue à l’allemand Siemens ou au français Alsthom, qui pourraient très bien, une fois récupérés les brevets et la technologie, décider de concevoir et produire ailleurs qu’au Québec. Une intervention de la Caisse de Dépôts et de Placements, jumelée à une négociation musclée sur l’octroi de nouvelles subventions et sur le remboursement des prêts pour alimenter ce projet vorace qui est devenu le C-Series afin de s’assurer que le Québec ne perde pas d’emplois et de savoir faire serait de mise, peu importe la transaction qui aurait lieu. Nos chers politiciens sauront démontrer pour une fois un minimum de vision et de colonne vertébrale ?

 

 

Email this to someoneShare on FacebookShare on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+

Comments are closed.