Voter aux élections au CA de l’OIQ? À quoi bon…?

Publié le: 4 avril 2017

Classé sous: Messages

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Préambule

Au cours des dernières années au moins deux ordres professionnels majeurs ont causé pas mal de soucis au gouvernement. Le Barreau a été plusieurs fois dans les médias avec toute la saga du changement des règles de gouvernance imposée par en haut, avec l’élection de Lu Chan Khuong au bâtonnat (suivie de son éjection musclée), pour terminer avec la grève des juristes de l’état et le retour dans l’arène de la même Lu Chan Khuong.

Pour ce qui est de l’Ordre des ingénieurs, ses déboires ont été largement médiatisés suite à l’assemblée générale extraordinaire (AGE) du 6 mai 2014 où les membres ont clairement exprimé leur ras-le-bol par rapport à la façon dont l’organisation était gérée. Ensuite, l’OIQ a été critiqué vertement par la juge Charbonneau pour ne pas avoir enquêté sur les détenteurs du titre ayant trempé dans la collusion, la corruption ainsi que dans les donations illégales aux partis politiques. Enfin, des allégations jamais prouvées, mais qui ont néanmoins fait les manchettes des journaux, ont été portées par les cadres contre l’ancien président Jean-François Proulx, connu pour avoir été l’un des organisateurs de l’AGE de 2014. Suite à ces événements, le gouvernement a mis l’OIQ sous tutelle, mais ses motivations, surtout au vu des tuteurs choisis, ont paru dès le début hautement suspectes.

Encore des remous

Malgré la tutelle, le souhait du gouvernement de le voir l’OIQ disparaître des bulletins de nouvelles ne semble pas près de se réaliser. Encore faut-il dire qu’il y a une journaliste de La Presse, Kathleen Levesque, qui semble être au courant en temps réel et même parfois en avance de tout ce qui s’y passe, et ce, dans les détails. En effet, c’est elle qui a dévoilé au grand jour les allégations des cadres contre l’ancien président Jean-François Proulx  en pleine période électorale à la présidence de l’OIQ, ainsi que toute l’évolution successive du dossier (1,2,3). C’est encore elle qui vient d’annoncer que  le directeur général qui avait été au centre de toute cette affaire, Chantal Michaud, vient de démissionner et que Kathy Baig, l’actuelle présidente, assume désormais le poste de directrice générale par intérim.

Or, si certaines informations pourraient à la rigueur être parvenues à Kathleen Levesque par des canaux officiels, d’autres lui ont manifestement été fournies par une ou des personnes haut placées dans l’organisation qui violent manifestement le code d’éthique et de déontologie extrêmement strict auquel elles n’ont pas le choix de souscrire dès qu’elles entrent en poste. La question est de savoir qui est(sont) cette(ces) gorge(s) profonde(s) et dans l’intérêt de qui elle(s) agit (agissent). Puisque les membres ont clairement signifié qu’ils souhaitaient plus de transparence de la part de leurs élus, mais que ce ne sont pas tous les débats au conseil (et ailleurs autour de l’organisation) qui sont rendus publics on peut exclure que la gorge profonde  agit par conviction dans l’intérêt supérieur des ingénieurs ou du public. On peut aussi exclure les tuteurs puisqu’il n’étaient pas là lors de la publication des premiers articles de Mme Kathleen Levesque et aussi parce qu’il est hautement improbable que le gouvernement ou l’Office des professions souhaitent plus d’attention médiatique sur l’OIQ.

Mais alors c’est qui la gorge profonde et surtout pourquoi aucun effort ne semble pas avoir été fait pour l’identifier et le sanctionner ? On ne peut pas le savoir, mais on peut certainement formuler des hypothèses:

  • L’ancien directeur général Chantal Michaud ? Cette hypothèse n’est pas à exclure, mais il est improbable qu’il aurait mis en péril son salaire de l’ordre d’un quart de million de dollars en interfaçant directement la journaliste. Dans tous les cas, ce cas de figure ferait que la source de Kathleen Levesque serait désormais tarie, et que donc elle n’aura plus de potins croustillants à rapporter.
  • Un cadre juste en dessous du DG ? C’est l’hypothèse la plus vraisemblable puisque dans la pratique les documents soumis au conseil d’administration sont préparés par les cadres et discutés en comité de gestion. Il n’en demeure pas moins qu’un cadre qui se placerait dans une telle situation aurait sans doute besoin du silence voire de la connivence de personnes autour de lui qui ne pourraient pas ne pas remarquer des coïncidences troublantes.
  • Un administrateur ? Peut être, mais pas tous les administrateurs sont dans le secret des Dieux. De plus, il est clair que le seul rôle du conseil d’administration actuellement est d’avaliser des décision prises ailleurs, comme le démontre la façon cavalière dont la cotisation supplémentaire a été approuvée à l’unanimité.  Enfin, la plupart des administrateurs lisent les documents qui leur sont soumis le matin même de la séance du conseil d’administration, s’ils les lisent…
  • L’actuelle présidente Kathy Baig? Une jeune dame à l’apparence douce qui, en s’appuyant sur des ressources extérieures à l’organisation (agences de relations publiques), a réussi à se faire élire présidente, et ce, en faisant quelques entorses  au règlements électoraux et en profitant de la division du vote de ses opposants, ne peut être aussi naïve qu’elle en a l’air. Il n’en demeure pas moins que si la théorie à l’effet que ce serait elle la gorge profonde est probablement trop machiavélique, tout porte à penser qu’elle aurait toléré la situation sans prendre de mesures musclées. Maintenant qu’elle a atteint la présidence et que le seul obstacle qui lui reste pour atteindre le plein contrôle de la machine administrative en tant que directrice générale par intérim ce sont les tuteurs, elle a désormais tout intérêt à faire taire la gorge profonde. Si tout redevient calme, la tutelle sera levée…un jour.

Les élections au poste d’administrateur

C’est dans ce contexte, caractérisé par une tutelle dont la durée n’est pas déterminée et qui, surtout si la gorge profonde continue à chanter de plus belle, pourrait s’étaler jusqu’aux prochaines élections provinciales (donc encore un an et demi), que les candidats au poste d’administrateur ont choisi de se présenter.

Il faut dire que cela prend une certaine naïveté, ou au contraire une certaine hypocrisie,  pour vouloir entrer au conseil en ce moment: Plusieurs dossiers empoisonnés, dont le projet de loi 98 et la nouvelle loi sur les ingénieurs, seront vraisemblablement gérés complètement en dehors du CA. Cependant il est certain qu’on demandera néanmoins aux élus d’avaliser les faits accomplis ficelés par les tuteurs. La seule personne du conseil qui aura possiblement une influence quelconque dans la rédaction des commentaires à ces deux projets de loi sera la présidente et DG par intérim Kathy Baig, mais encore faudra-t-il qu’elle se défasse réellement du joug des cadres supérieurs, et pour ce faire il faudra qu’elle en éloigne quelques uns, et notamment les plus agressifs.

Pour ce qui est de la gestion des dossiers extrêmement impopulaires,  dont celui de l’assurance monopolistique sur responsabilité professionnelle et celui de l’assurance tout aussi monopolistique sur les médicaments, dossiers pour lesquels le gouvernement et l’Office des professions ont peu d’intérêt, les administrateurs auront, peut-être, un peu plus de voix au chapitre. Il est notamment urgent de contrecarrer les gestes de certains joueurs qui, par cupidité ou par stupidité, bloquent depuis trois ans la mise en application des résolutions de l’assemblée générale extraordinaire du 6 mai 2014 là-dessus, créant des distorsion de marché ainsi que des effets financiers pervers intolérables pour beaucoup de membres.

La position de l’association

Dans le contexte où des lignes directrices extrêmement restrictives ont été imposées aux candidats, toute collaboration entre l’ADIIQ et des candidats enclencherait des sanctions contre ceux qui que l’association appuierait. En particulier, le paragraphe suivant:  »De participer à une démarche menée par un tiers ayant pour objet de promouvoir ou de défavoriser une candidature, diffuser ou combattre le programme d’un candidat, promouvoir ou désapprouver une mesure préconisée par un candidat ou à laquelle il serait opposé, approuver ou désapprouver un acte accompli ou proposé par un candidat ou des fins similaires; » pourrait être utilisé pour disqualifier un candidat qui, suite à une évaluation objective par rapport à des critères établis à l’avance, aurait été recommandé par l’association. C’est la raison pour laquelle l’association se bornera cette fois-ci à :

  • Permettre aux candidats membres de son groupe Linkedin de publier des textes et de débattre entre eux ou avec d’autres ingénieurs,
  • Évaluer le programme public des candidats ou de certains d’entre eux et diffuser son avis.
  • Mettre éventuellement en garde les électeurs contre certains candidats qui leur ont promis mer et monts pendant leur campagne(s) électorale(s) précédentes et, par lâcheté ou par indifférence, se sont rapidement écrasés, voire ont retourné leur veste, une fois élus.

 

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